Le drapeau gabonais a flotté plus haut que les autres à N’Djamena. En ramenant 12 médailles (7 or, 3 argent, 2 bronze) sur 16 combattants engagés, le Gabon a signé une Zone 4 d’élite, façon démonstration. Densité, propreté technique, mental: les Panthères ont empilé les victoires et rappelé que le taekwondo gabonais est désormais une valeur sûre du continent, malgré un contexte matériel encore loin des standards.
La moisson: l’or en série
- Or: Jérémie Landou (-73 kg), Séverin Ndong Obame (-80 kg), Moussa Amar Cissé (-74 kg), Marie-Noël Ivala (-46 kg), Ayengone Meyo (-49 kg), Merveille Marindi (-73 kg), Katalya Essoughe (-62 kg). Sept titres qui disent la largeur du réservoir et la maturité tactique: gestion des distances, lecture du timing, variété des armes.
- Argent: Lévy Obame E. (-54 kg), Esther Oyibiga (-53 kg), Alane Mbadinga O. (-54 kg). Finales accrochées, détails à corriger sur les entames.
- Bronze: Coumba Magassa (-57 kg), Boris Mbele (-87 kg), précieux points et podiums de caractère.

Le symbole: Ayengone, la relève en or
À retenir, la première médaille d’or senior d’Ayengone Meyo Christine (-49 kg). Une finale maîtrisée, des choix justes sous pression, et l’image d’une génération qui débarque sans complexe. Le relais est en marche.
Le contexte: l’exigence dans la sobriété
Pas de secret: derrière la photo finish, des mois de rigueur. Stages hachés, budgets sous tension, logistique bricolée. La FE.GA.TAE avance comme elle peut, mais l’encadrement tire le meilleur du groupe: volume, répétitions, travail au plastron, hygiène tactique (limiter les pénalités, gagner le centre, accélérer à +1). À N’Djamena, ça a payé.
La mauvaise nouvelle: Bakoba, coup d’arrêt
La fête a un revers. Stephen Bakoba sort blessé, touché après un coup irrégulier, forfait pour une durée indéterminée. Un coup dur alors que le champion gabonais était attendu aux Mondiaux de Wuxi (21 octobre). L’équipe perd une pointe, le groupe gagne un motif de plus pour serrer les rangs.

Le verdict de l’équipe AFC Sports
- Ce qui a marché: la variété offensive (coups de jambe avants, fouettés tête en contre), la discipline dans la gestion des scores, une rotation qui tient la cadence.
- À améliorer: les entames en finales, quelques baisses de garde dans le dernier quart de combat, et la prévention des fautes évitables.
- Le signal envoyé: le Gabon n’est plus seulement une nation de coups d’éclat, c’est une équipe de podiums.
Et maintenant? N’Djamena était un laboratoire, Wuxi sera l’examen. Aux décideurs, un message limpide: transformer la performance en projet, stabiliser les moyens (stages, staff, compétitions), professionnaliser la préparation. Aux athlètes, une certitude: le niveau est là, la marge existe. Les Panthères ont rugi. Pour les faire durer, il faudra leur donner le micro et le temps. Sur les tatamis, elles ont déjà pris la parole.
Par @AlvinObiang

