Elle a 15 ans, 1,80 m de promesses et un regard qui dit qu’elle n’a pas l’intention d’attendre son tour. Du 12 au 16 octobre, en Égypte, Jeanne Esther Moussounda Nzamba Wami a porté le maillot du Gabon au FIBA Africa Regional Youth Camp 2025, sous la bannière FIBA Africa et NBA. Une vitrine pour les meilleurs espoirs du continent, un accélérateur pour les têtes bien faites. Ses profs la connaissent studieuse, ses coachs la disent compétitrice, ses adversaires la décrivent simple: une arrière-ailière pleine d’avenir et qui ne lâche rien. Portrait AFC Sports.
Le profil: 1,80 m de lecture de jeu
Formée depuis trois ans au Sparkle Academy Club et Don Bosco, l’élève d’Immaculée occupe les postes 2–3, avec ce mélange rare à son âge: un shoot propre à mi-distance, une adresse fiable sur la ligne des lancers, une vraie défense de poisseuse sur les arrières, peu importe le gabarit en face. Elle écoute, elle lit, elle ajuste. Agressivité positive, mentalité de gagneuse, gabarit idéal: sur les parquets de l’entraînement comme dans la salle, la progression est continue, visible, presque méthodique.
La tête et les jambes à l’endroit
On la croise un roman à la main, à la sortie de l’Institut Immaculée Conception de Libreville, un plan de jeu dans la tête. Entre deux devoirs, elle décortique des séquences, rigole avec ses amis, puis revient shooter. L’équilibre est là: famille soudée, valeurs droites, passion claire. Coach Sparkle en a fait un mantra: sérieux, esprit d’équipe, exigence. “ Jeanne Esther coche toutes les cases”, selon son coach Ahmad, alias Coach Sparkle.

Un talent dans un pays où le basketball est en reconstruction
Le décor, lui, est plus rugueux. Le basket gabonais avance, se reconstruit, rame parfois. Les moyens? Comptés. Les structures? En progrès, mais fragiles. Depuis quelques mois, les nouvelles autorités politiques multiplient les plateaux sportifs sur tout le territoire, dont des terrains de basket flambant neufs; c’est un début, pas une fin. Le manque de soutien financier et structurel autour du Baskett amateur et professionnel se fait encore sentir. Et c’est pour cela que voir une jeune Gabonaise invitée dans un camp FIBA–NBA résonne plus fort: c’est une trajectoire individuelle qui tracte tout un jeu collectif.
La parole fédérale
“Il est essentiel pour nous de valoriser des modèles féminins”, martèle Willy Asseko, président de la Fédération gabonaise de basketball. “En travaillant avec l’Amicale des Anciennes Basketteuses du Gabon (2ABG) sur nos compétitions statutaires, en offrant des stages d’immersion à l’international, on ouvre des portes. Moussounda Wami en est le symbole: elle représentera fièrement le Gabon au FIBA Africa Regional Youth Camp 2025.” Sur la photo, le sourire dit autant que le discours: il y a une filière qui se dessine, côté filles, et elle a besoin d’être nourrie.
Ce que le camp peut changer
- Exposition: opposition haut niveau, coaching NBA/FIBA, retours ciblés sur la technique et la préparation mentale.
- Références: comparer la vitesse, le physique, la lecture contre les meilleures U16/U18 d’Afrique.
- Effet miroir: revenir et tirer la catégorie vers le haut, rendre contagieuse une culture de travail.
La feuille de route sportive pour la jeune Moussounda Wami ?
Continuer de grandir sans brûler les étapes : pour ça, elle peut compter sur Sparkle Academy Club et sur son grand frère, coach Nkum Kum, qui a été le premier à ‘initier à la balle organde. Solidifier le tir longue distance, densifier le haut du corps, travailler le handle sous pression. Et surtout, garder ce qui fait la différence à 15 ans: l’écoute.
La suite? Sélections jeunes, bourses, Why not USA, NCAA OU Europe si l’ouverture se présente ? Le plus dur, ce n’est pas d’être repérée; c’est de durer.
L’Analyse de AFC Sports
Le Gabon tient une pépite – pas une promesse criarde, une promesse appliquée. Moussounda Wami joue déjà avec ce sérieux tranquille qui vieillit bien. Dans un basket national en reconstruction, notamment le basket féminin, où les plateaux poussent mais les budgets manquent, elle offre un cap: une jeunesse qui apprend vite et vise haut. Le reste dépendra d’un écosystème capable de l’accompagner.
En attendant, l’Égypte a été un révélateur. Et si l’avenir du basket gabonais avait, à 15 ans, le visage d’une arrière-ailière qui aime les mangas, les lancers-francs et la gagne?
Par @YannickManfoumbi

