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Football, politique et coups francs ratés: Pierre-Alain Mounguengui, encore hors-jeu aux Sénatoriales

La redaction
5 Minutes de lecture

A Tchibanga, dans le sud du Gabon, il y a des dimanches où l’on marque, et d’autres où l’on réclame un hors-jeu qui n’existait pas. Pierre‑Alain Mounguengui, patron de la Fegafoot depuis bientôt douze ans, ex-arbitre FIFA qui connaît les lois du jeu par cœur, vient d’apprendre une règle locale imparable: en politique, la VAR, c’est le parti. Et cette fois encore, le drapeau est monté. Son parti actuel, l’UDB du président Brice Clotaire Oligui Nguema, a investi un… colistier à sa place pour le siège de sénateur à Tchibanga, là même où PAM fut tête de liste aux locales. Deuxième désillusion après 2021, quand le PDG l’avait déjà laissé sur le banc. On appelle ça de la constance. Ou une série.

Le film du match: de la touche à la touche

  1. 2021: maillot PDG, grands sourires, primaires gagnées, assurances publiques qu’un mandat de sénateur serait “parfaitement compatible” avec la présidence de la Fegafoot. Résultat? Le tunnel, puis les vestiaires.
  2. 2025: nouvelle tunique, nouveau staff, mêmes ambitions. Tchibanga en bandoulière, PAM vise l’investiture UDB. Le comité sort la feuille de match: un autre entre sur le terrain. Mounguengui s’échauffe encore.

Le palmarès politique de PAM commence à ressembler à ces barres transversales qui vibrent longtemps: on se dit que c’est passé pas loin, mais le tableau d’affichage reste bloqué.

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Le double jeu qui fâche

Depuis des années, le président de la Fegafoot répète que cumuler football et politique, “ailleurs, ça ne choque personne”. Sauf qu’ici, l’“ailleurs” n’achète pas les billets. Pendant que la sélection cherche une colonne vertébrale et que les clubs locaux et le football amateur comptent les saisons hachées, PAM compte les investitures manquées. Présent à Tchibanga politiquement plus que sportivement, il rêvait d’un strapontin au Sénat pour, dit-on, “pour porter la voix du sport”. A la place, c’est sa voix qu’on a portée hors de la liste UDB pour briguer un mandat au Sénat.

La question qui pique

A bientôt 70 ans, combien de pressing tout terrain reste‑t‑il pour un homme qui rêve d’intégrer le Parlement depuis… très longtemps? Doit‑il:

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  1. continuer à investir du temps, de l’énergie et de l’argent en politique, au risque d’un troisième carton jaune?
  2. ou tourner la page sénatoriale pour enfin remettre du jeu court dans le football local: compétitions régulières, gouvernance lisible, calendrier crédible, relations apaisées avec les acteurs?

Parce qu’au fond, ce qui cloche n’est pas l’ambition – elle est légitime –, mais l’impression d’un match permanent joué sur deux terrains différents, avec des crampons pas adaptés. Et pendant que PAM multiplie les appels de balle côté politique, le football gabonais réclame, lui, un Manager général à plein temps.

Le regard des tribunes

  1. Les observateurs parlent d’une “deuxième claque”. Eux qui le connaissent bien jurent que l’ambition reste “très, très élevée”. L’ennui, c’est que l’ascenseur politique semble toujours coincé entre deux étages quand on est surbooké au rez‑de‑chaussée du ballon.
  2. Dans la commune de Tchibanga, certains notent l’ironie: tête de liste gagnante aux locales, mais doublé par une colistière au moment décisif. Cruel comme un but encaissé à la 93e au stade Dialogue de Tchibanga.

Le match à rejouer

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Si Pierre‑Alain Mounguengui veut convaincre que sa place est bien sur le terrain politique, il devra:

  1. accepter la règle numéro un: en politique, on ne capitalise pas sur la possession, mais sur les buts. Traduction: présence locale constante, coalition claire, projet lisible au‑delà du badge “football”. S’il veut, au contraire, marquer avec la Fegafoot, il lui faudra:
  2. des actes: feuille de route publique pour les compétitions, transparence budgétaire, formation des éducateurs et cadres, marketing et sponsoring structurants, calendrier des jeunes et du féminin. Et un timing: maintenant.

L’Analyse AFC Sports (façon Tchaïbang city)

Deuxième tentative, deuxième croche‑pied. PAM n’est pas éliminé; il est mené au score. Il peut encore choisir: arrêter de tout jouer à la fois et gagner un match – enfin – pour de vrai. Celui du football gabonais, qui attend autre chose qu’une guerre d’investitures: des week‑ends avec des matchs, des stades avec des gens, des clubs avec des plans. Et, qui sait, c’est peut‑être en redevenant indispensable au sport qu’il redeviendra fréquentable en politique.

En attendant, à Tchibanga, l’arbitre UBD a sifflé la fin. La balle est au centre. A lui de remettre le pied dessus.

Par @YannickManfoumbi

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