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Football – Panthères, maillots fantômes et safari contractuel: dix ans à chasser un équipementier malgré Aubameyang, Lemina & Co.

La redaction
5 Minutes de lecture

Il était une fois, au cœur de la grande forêt équatoriale gabonaise, un félin élégant, rapide, parfois capricieux: la Panthère. Autour, une tribu très fière, très fidèle: les supporters (fiers d’être Panthères). Et, perché sur une branche, un drôle de guide censé montrer la voie: la FEGAFOOT. Dix ans plus tard, tout le monde a transpiré, personne n’a trouvé la boutique. Bienvenue dans le safari contractuel du football gabonais.

Le maillot invisible, espèce protégée, règne de la contrefaçon

D’aucuns jurent l’avoir aperçu, une nuit, au détour d’une story Instagram: “Les maillots qui n’existent même pas sur le site de Puma.” Le mythe a la vie dure. Pendant que Sénégal, Maroc ou Ghana paradent en vitrine, Libreville cherche encore la porte d’entrée du e-commerce.

Quand l’amateurisme dépasse le professionnalisme, ça donne des Panthères qui jouent en “édition limitée”… si limitée que même les joueurs se demandent où l’acheter pour leurs familles ou pourquoi ils portent des tenues d’entraînement de modeste qualité (on est gentil).

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Chronique d’une décennie en mode friperie chic (Moutouki)

2014: fin officielle du premier contrat Puma (celui qui a accompagné les Panthères à la CAN 2012 et 2015). On se dit: “On va grandir, professionnaliser, ouvrir une boutique, faire du marchandising.” Spoiler: non.

2017: Adidas (maillots achetés en Magazin, City Sport ? sans contrat avec Adidas, sur proposition de la société « Zenith Sport… ») pour la CAN à la maison. Grand soir, petites suites. Pas de modèle pérenne, pas de distribution digne.

2019: Kappa, très critiqué; contrat raccroché un an trop tôt, coutures comprises.

2024: retour de Puma, effets d’annonce XXL — “nouvelle ère”, “marchandising”, “qualité, performance et style”.

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2025: décision de rupture, recyclage des tenues de mars, zéro visibilité en vente. Un comeback qui ressemble à un aller-retour au marché Mont-Bouët.

Le public? Désabusé mais lucide

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“Un vrai manque de respect… On ne retrouve même pas les maillots sur le site officiel.”

“Même la boutique de la Fegafoot n’a jamais été opérationnelle. On attend depuis kala-kala.”

“Sans personnalisation, aucun motif… On dirait un tee-shirt blanc.”

Le peuple a parlé. Il ne demande pas la Lune, juste un maillot authentique qui existe ailleurs que dans les communiqués PDF.

Pendant ce temps, dans la clairière

Aubameyang court encore, Lemina ratisse, Denis Bouanga score, et les Panthères sont qualifiées pour la CAN 2025 au Maroc. Le terrain tient, l’écosystème rompt. C’est tout l’art gabonais: des joueurs de Ligue 1/UEFA Champions League/MLS etc., un onze compétitif, et une fédé qui traite le marchandising comme un loisir du dimanche.

Pourquoi ça compte (et pas qu’un peu)

Le maillot, c’est la première carte d’identité d’une sélection. Sans distribution, pas de revenus, pas de visibilité, pas de culture de marque.

Sans boutique officielle, on laisse l’économie parallèle (la contrefaçon) capter l’amour du public. Le résultat: copies douteuses, image brouillée, caisse vide.

Sans vraie stratégie d’équipementier (contrat, design, logistique, e-shop, retail local), on se condamne à rejouer la même comédie à chaque fenêtre FIFA: “Promis, la collection arrive en septembre.” En septembre de quelle année, au fait?

Satire, mais sérieuse: ce que les Panthères méritent

Le peuple réclame : une fédé qui arrête de confondre communiqués et contrats; un équipementier qui respecte le marché gabonais autant que les autres… et donc un public qui porte fièrement un maillot officiel sans passer par un oncle en Turquie ou un ami en Chine.

Une CAN 2025 où l’on parle de pressing et de transitions, pas de “maillots jaunes” introuvables.

L’Analyse de AFC Sports

La Fegafoot promet des boutiques depuis “kala-kala”, et les fans chassent le maillot comme on piste une panthère dans la nuit: on entend le cri, on ne voit jamais l’animal.

La bonne nouvelle? L’effectif a des griffes, et le pays une ferveur inusable. La mauvaise? Tant que l’équipement restera géré comme un secret d’État, “l’amour du maillot” restera en contrefaçon.

A la CAN, on espère des buts, des maillots originaux qui existent, et un contrat qui vit. Sinon, il faudra reconnaître une vérité toute simple: dans la grande forêt gabonaise, la panthère n’est pas l’espèce la plus rare. C’est le bon deal d’équipementier qui l’est. Et ça, franchement, ce n’est plus rassurant.

Par @YannickManfoumbi

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Un commentaire
  • Vous avez entièrement raison ça fait combien de temps on nous promet une vraie boutique pour avoir ça mais rien, nous sommes obligés d’aller acheter la contrefaçon à chaque fois c’est triste.
    En espérant que cette publication changera un peu les choses. Nous voulons de vrais maillots pour les gabonais

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