Au Vélodrome, mardi soir, il n’a pas seulement relancé l’OM. Il a, surtout, rassuré tout un pays.
En signant un doublé décisif face à Newcastle (2-1), Pierre-Emerick Aubameyang a non seulement réveillé Marseille en Ligue des champions, mais il a aussi envoyé un message très clair à l’Afrique entière : le Gabonais est en grande forme à moins d’un mois de la CAN.
Pour une sélection qui vise au moins le dernier carré, malgré un championnat national à l’arrêt et un feuilleton d’équipementier digne d’une série Netflix, la nouvelle tombe à pic.
Récit de la soirée par la rédaction de AFC Sports, pour un public qui a les yeux à la fois sur la Ligue des champions… et sur le Maroc.
Mené, bousculé, puis sauvé : Marseille s’en remet à son Gabonais
Mené dès la 6e minute sur un but d’Harvey Barnes, l’OM a d’abord donné l’impression de vivre une nouvelle soirée européenne compliquée. Défense fébrile, avertissement précoce de Balerdi, urgences défensives réglées à la va-vite par Höjbjerg… Le Vélodrome a tremblé.
Mais devant, il y avait un homme qui refusait de laisser filer l’histoire :
Pierre-Emerick Aubameyang, 36 ans, toujours aussi affûté.
D’abord, il multiplie les appels, les frappes, les tentatives, souvent bien servi par Mason Greenwood mais sans la précision nécessaire pour faire plier Nick Pope. Puis, au retour des vestiaires, le match bascule :
- 46e minute : sur une longue ouverture de Bakola, le gardien anglais se loupe dans sa sortie, Aubameyang le devance et, depuis un angle presque impossible, glisse le ballon au fond. 1-1, Vélodrome en fusion.
- 50e minute : Timothy Weah déborde et centre, Aubameyang jaillit au premier poteau et coupe la trajectoire d’un geste clinique. 2-1. Renversement complet.
Avec ce doublé, l’OM met fin à une série de 17 défaites de rang face à des clubs du Big 4 anglais en Ligue des champions. Surtout, Marseille relance sa campagne européenne et atteint 6 points après 5 journées, se replaçant dans la course aux barrages.
Mais vu de Libreville, d’Akanda, de Port-Gentil, d’Oyem, de Franceville ou de la diaspora, une autre lecture s’impose : Aubameyang n’est pas seulement le sauveur de l’OM. Il redevient le symbole offensif d’un Gabon qui rêve de frapper fort à la CAN.

Une performance XXL, un timing parfait pour le Gabon
Pour le public gabonais et africain, cette soirée marseillaise a des accents de répétition générale.
- Un Aubameyang qui pèse sur une grande affiche européenne, face à un club anglais ambitieux.
- Un attaquant qui enchaîne les courses, les appels, les gestes justes, sans jamais baisser la tête.
- Un leader qui, malgré les critiques des derniers mois, démontre qu’il a encore le niveau pour porter un projet offensif sur ses épaules.
À moins d’un mois de l’entrée en lice des Panthères à la CAN, face au voisin camerounais, cette montée en puissance n’a rien d’anecdotique. Dans une sélection où les débats internes portent sur tout – équipementier, gouvernance, championnat en berne – il y avait une question simple que tout le monde se posait : Dans quel état arrivera Aubameyang au Maroc ?
Ce soir, une partie de la réponse a été donnée. Et elle est rassurante : le Gabon ira au Maroc avec un Aubameyang en jambes, en confiance, en réussite.
En renversant Newcastle, Aubameyang a rappelé pourquoi il reste l’un des grands noms du football africain de sa génération. En se projetant vers la CAN, il pose aussi une question simple à son pays :
Êtes-vous prêts à être à la hauteur de l’état de forme de votre capitaine ?
L’Analyse de AFC Sports
Le Gabon ne manquera pas de talent. Il ne manquera pas d’arguments offensifs. Il ne manquera pas de symboles. Mais s’il veut transformer le doublé d’un soir de Ligue des champions en épopée continentale au Maroc, il lui faudra autre chose qu’un grand Aubameyang : il lui faudra, pour une fois, que tout ce qui entoure les Panthères – de l’équipement aux institutions – joue enfin dans le même sens que lui.
Par @AnthonyOkins

