Gaboma-Gate, épisode 3 : Mounguengui annonce un nouvel équipementier… et retourne la veste (officielle) à son avantage

La redaction
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Si certains pensaient que la FEGAFOOT était sonnée par la mise en demeure de la CAF dans l’affaire « Gaboma », l’interview de son président, Pierre-Alain Mounguengui, dans L’Union vient de rappeler une réalité simple : dans ce feuilleton, c’est encore lui qui tient le micro… et sans doute aussi le stylo des contrats.

Trois phrases, trois verbatims, et un retournement de situation presque parfait : là où l’Office national de développement du sport (ONDSC), le sélectionneur Thierry Mouyouma et même la Présidence apparaissaient en première ligne dans le fiasco, la FEGAFOOT se replace au centre du jeu. Avec élégance ? À chacun de juger. Avec habileté ? Assurément.

Analyse, par notre rédaction AFC Sports, au pays où le maillot change plus vite que les habitudes.

« La CAF nous a accordé un dernier délai » : la Fédération, officiellement de retour dans le cadre

Premier extrait :

« La CAF nous a accordé un dernier délai. Nous avons jusqu’au 30 novembre pour lui présenter un nouvel équipementier. Nous avons travaillé avec le ministère et l’ONDSC à cet effet… »

Traduction, selon AFC Sports :

La CAF a sifflé la faute sur « Gaboma »,

  1. mais elle a laissé un coup franc à rejouer, ballon arrêté,
  2. et cette fois, c’est la FEGAFOOT qui se charge de le tirer.

En citant le ministère et l’ONDSC, Mounguengui rappelle que tout le monde est dans la boucle, mais c’est bien la Fédération qui se présente comme l’interlocuteur principal de la CAF.

L’instance continentale parle de « dossier à corriger » ? Le président PAM répond : « pas de problème, on gère ».

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Sur le plan de la communication, c’est malin : la FEGAFOOT, un temps décrite comme dépassée ou marginalisée par l’ONDSC dans la gestion des équipements, se repositionne comme pilote légitime du dossier. Comme si, au milieu de la tempête, elle récupérait le volant qu’on lui aurait arraché.

« Nous avons un équipementier » : le gré à gré… assumé ?

Deuxième déclaration, encore plus savoureuse :

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« La Fédération a un équipementier avec qui nous allons signer dans quelques jours un contrat nous liant durant toute la CAN. Et après cette compétition, nous allons signer sur du long terme. »

Officiellement, donc :

  1. L’appel d’offres dont parlent les textes, les cahiers des charges, la bonne gouvernance et les recommandations de la CAF ? On ne le voit nulle part.
  2. La mise en concurrence transparente d’équipementiers internationaux et locaux ? Pas davantage.
  3. En revanche, un nouvel équipementier est déjà choisi, prêt à signer pour la CAN… puis « sur du long terme ».

On venait à peine de sortir d’un scandale où la CAF reprochait, entre autres, l’opacité et le gré à gré autour de “Gaboma”, que voilà la FEGAFOOT qui annonce, sans trembler, un nouvel accord déjà bouclé en coulisses.

La question qui fâche, et qui fera tiquer n’importe quel lecteur averti :

À quel moment, concrètement, cet appel d’offres a-t-il eu lieu, comme l’impose le cahier des charges de la CAF ?

Si l’on suit la logique des propos de Mounguengui, la réponse tient en une formule :

“On a un problème de gré à gré ? Très bien. Réglons-le avec un autre gré à gré, mais plus propre.”

« La Fédération ne sait pas combien le président a donné » : le trou noir des 300 millions

Troisième déclaration, troisième vertige :

« La Fédération ne sait pas combien le président de la République a donné pour l’achat des équipements. Ceux qui ont réalisé la première opération iront acheter les équipements chez le nouvel équipementier. »

Là, on quitte le terrain tactique pour plonger dans la science-fiction budgétaire.

En une phrase, le président de la FEGAFOOT nous explique que :

  1. La Fédération ignore le montant des fonds engagés par la Présidence pour acheter les équipements (les fameux 300 millions de F CFA, qui circulent dans tous les couloirs du football gabonais).
  2. La même équipe qui a géré la première opération – celle associée à l’affaire « Gaboma » – ira faire les emplettes chez le nouvel équipementier.

En résumé : les mêmes acteurs, les mêmes circuits, mais un autre maillot – cette fois validé, espère-t-on, par la CAF.

Analyse de AFC Sports

Avec ces déclarations, Pierre-Alain Mounguengui a clairement repris la main médiatique et politique dans le dossier de l’équipementier.

Pour le public gabonais et africain, une question subsiste :

le Gabon a-t-il vraiment réglé le problème de fond, ou a-t-il simplement changé de maillot sans changer de méthode ?

Car si la CAF a dénoncé le gré à gré bancal de « Gaboma », elle pourrait à terme s’interroger sur la manière dont le nouvel accord a été ficelé. En attendant, les Panthères iront probablement à la CAN avec un maillot conforme, homologué, validé.

Par @AnthonyOkins

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