Au Cameroun, il y a les matches… et il y a les élections. Ce samedi, à Yaoundé, Samuel Eto’o n’avait pas d’adversaire sur le terrain politique : réélu par acclamation à la tête de la Fecafoot pour quatre ans, sans candidat en face, sous les yeux de délégués conquis et de banderoles hostiles dehors. Bienvenue dans le football version Afrique centrale : ambiance électrique, issue limpide.
Par notre rédaction, pour un “continent” qui regarde autant les buts que les bureaux.
L’ancien buteur des Lions (118 sélections, 56 buts) n’a pas mis longtemps à donner le ton :
« Aucun joueur ne sera plus au-dessus du Cameroun. Aucun entraîneur ne sera plus au-dessus du Cameroun. »
Message clair : Eto’o ne partage ni le brassard, ni le pouvoir. À quelques jours de la CAN 2025, après une élimination en qualifications pour le Mondial, le président de la Fecafoot se pose en chef de guerre : on ne discute plus la ligne, on l’applique.
En coulisses, le Cameroun affiche pourtant ce que beaucoup de voisins n’ont pas : un pilote identifié. Tandis que le Gabon s’embourbe dans le “Gaboma-Gate”, les maillots refusés par la CAF et un championnat à l’arrêt, Eto’o déroule son plan : redonner des valeurs à la sélection, rendre le “label Lion” vendeur, muscler les championnats locaux et surtout arracher davantage d’autonomie au ministère des Sports. Là où d’autres acceptent la tutelle politique, lui assume le bras de fer.

Eto’o n’est pas un saint, il est un signal. Son modèle est imparfait, contesté, parfois brutal, mais il a au moins le mérite d’exister. Un ex-joueur qui prend la fédé, qui structure, qui cherche des financements, qui assume les responsabilités : pour l’Afrique centrale, c’est presque une révolution culturelle. Dans un paysage où des pays comme le Gabon peinent à organiser une saison complète ou à sécuriser un équipementier sans scandale, le Cameroun offre une leçon crue : sans colonne vertébrale, le talent ne suffit pas.
L’Analyse de AFC Sports
Pour l’instant, le Cameroun avance avec son Eto’o là où d’autres pays avancent sans boussole. Le Gabon, lui, se débat avec ses maillots, ses subventions et ses championnats fantômes.
Reste à savoir si, au Maroc, les Lions Indomptables auront les résultats pour valider le projet de leur président, et si, ailleurs en Afrique centrale, certains dirigeants auront le courage de s’inspirer de l’essentiel du “modèle Eto’o” : non pas le culte de la star, mais la conviction que le football se dirige avec une vision et une colonne vertébrale, pas seulement avec des décrets ni des appels d’offres bricolés à la dernière minute.
Par @SabrinaQueenie

