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CAN 2025 – La liste des Panthères passée au crible : Mouyouma ressuscite Evouna, Zappe Sambissa et Meyo

La redaction
9 Minutes de lecture

Thierry Mouyouma a parlé. Et comme souvent avec le sélectionneur gabonais, la liste laisse des étincelles derrière elle. Pour la CAN 2025 au Maroc, le patron des Panthères a retenu 28 joueurs pour affronter un groupe aussi glamour que piégeux : Cameroun, Côte d’Ivoire, Mozambique. Entre retours inattendus, jeunes crocs affûtés et absences qui font du bruit, décryptage d’une liste qui divise déjà Libreville. Décryptage. 

Les 28 Panthères pour le Maroc

Gardiens :

Mbaba Loyce Marius, Ngoubi Demba Anse, Bekale Junior

Défenseurs :

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Oyono Antony, Oyono Jérémy, Obiang Johann, Ekomie Jacques, Appindangoye Aaron, Ecuele Manga Bruno, Mouketou Alex, Kila Onfia Mick, Do Marcolino Jonathan, Mboula Uriel-Michel

Milieux :

Lemina Mario, Nze Samake, Kanga Guelor, Bocoum Eric, Poko André Biyogho, Loufilou Ruben, Ndong Ibrahim

Attaquants :

Babicka Shavy, Averlant Teddy, Bouanga Denis, Essang-Matou Edlin, Malick Evouna, Pierre-Emerick Aubameyang, Royce Openda, Jim Allevinah

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Sur le papier, un mélange assumé de vétérans au CV solide (Aubameyang, Bouanga, Lemina, Kanga, Ecuele) et d’éléments plus frais (Babicka, Openda, Essang-Matou, Averlant). Mais ce n’est pas là que le débat s’enflamme. Il est, comme souvent, tout devant.

 

Evouna, le pari nostalgique

C’est le nom qui fait le tour du pays depuis l’annonce : Malick Evouna.

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Le buteur de Mangasport, 31 ans, revient en sélection comme un fantôme du passé récent. Héros de l’époque 2014–2017, symbole d’un Gabon capable de se mêler aux meilleurs, Evouna n’affiche pourtant aucun rythme compétitif solide : championnat national à l’arrêt, seulement deux matches préliminaires de Ligue des champions CAF avec Mangasport face à Rahimo en sept mois et une absence prolongée de la scène internationale si l’on met de côté la double confrontations éliminatoire au CHAN (deux matchs zéro but).

Sportivement, le pari ressemble donc à une loterie. Symboliquement, il raconte autre chose : Mouyouma mise sur l’expérience et le poids du vestiaire pour encadrer une ligne offensive où les hiérarchies sont encore fragiles.

Mais à l’heure où le Gabon va se coltiner tour à tour le Cameroun du président Eto’o, la Côte d’Ivoire championne d’Afrique en titre et un Mozambique en phase ascendante, peut-on se permettre de convoquer un numéro 9 sans vrai temps de jeu ? C’est la question qui agite supporters et observateurs.

Meyo, l’absence qui pique

Face à ce retour surprise, l’absence de Brian Meyo fait encore plus mal.

20 ans, deux buts en trois sélections, dont un geste de pur talent face au Burundi, le jeune attaquant avait donné l’impression d’entrer dans les plans de Mouyouma. Jusqu’à ce soir de barrage face au Nigeria : entré en jeu, en difficulté, sorti moins de 30 minutes après. Un match raté, un message brutal : en sélection, le crédit est très court.

Pour beaucoup, Meyo méritait au moins une place dans les 28, ne serait-ce que pour continuer son apprentissage derrière Aubameyang et Bouanga, à la place d’un Evouna sans minutes dans les jambes.

La CAN est souvent le théâtre de révélations. Le Gabon a peut-être choisi de s’en priver d’une.

Le cas Mbina : malentendu ou problème profond ?

Autre absence qui interroge : Orphée Mbina.

Troisième attaquant gabonais le plus décisif de la saison derrière Bouanga et Aubameyang, Mbina n’apparaît pas dans la liste. Aucun pépin physique majeur signalé, des stats correctes, un profil différent (attaquant axial capable de peser sur les défenses)… et pourtant, rien.

Alors, “problème Mbina” ou simple choix tactique ? Difficile de ne pas y voir au minimum un signal : dans l’esprit de Mouyouma, la hiérarchie offensive se dessine sans lui. Et ce n’est pas anodin au moment d’aborder un groupe aussi relevé.

Derrière, des choix forts aussi

En défense, les débats sont moins bruyants, mais tout aussi significatifs.

  1. Yannis Mbemba, titulaire face au Burundi et plus expérimenté, reste à la maison.
  2. À sa place dans la hiérarchie, on voit Jonathan Do Marcolino, encore très vert au niveau international.

Là encore, Mouyouma assume un tournant : prendre la CAN comme un tremplin pour une nouvelle génération, quitte à sacrifier un peu d’expérience défensive.

Au milieu, un autre nom manque à l’appel : David Sambissa. Polyvalent, utile dans plusieurs systèmes, le milieu ne semble tout simplement pas dans les plans du sélectionneur. À la place, on retrouve un noyau dur classique : Lemina, Kanga, Poko, Ndong, Nze Samake, Loufilou. Pas de révolution ici, plutôt une continuité assumée.

Fin du “projet Noah” (pour l’instant)

Côté symboles, l’absence de Noah Lemina raconte aussi quelque chose.

Souvent perçu comme “le petit protégé” de la sélection, à l’ombre de son grand frère Mario, Noah ne fera pas sa première CAN cette année. Ses dernières sorties, décevantes, ont visiblement convaincu le staff de ne pas brûler les étapes. Sportivement, la décision paraît logique. Politiquement, elle envoie un message : personne n’est intouchable, même avec un “grand frère” capitaine du milieu.

Cameroun, Mozambique, Côte d’Ivoire : une liste pour quoi faire ?

Au-delà des noms, une question domine : cette liste est-elle taillée pour sortir d’un groupe aussi dense ?

  1. Cameroun : puissance physique, expérience, mental de tournoi. Les Panthères devront être solides dans les duels et réalistes devant.
  2. Mozambique : piège absolu. Une équipe en progrès, capable de bousculer n’importe qui. L’endroit rêvé pour un jeune profil type Openda.
  3. Côte d’Ivoire : championne d’Afrique en titre, armée dans toutes les lignes. Là, ce sont les cadres (Aubameyang, Lemina, Bouanga, Kanga, Ecuele) qui devront assumer.

Avec ce groupe, Mouyouma semble miser sur une colonne vertébrale expérimentée (Lemina – Kanga – Bouanga – Aubameyang – Ecuele) entourée de joueurs à fort potentiel (Babicka, Openda, Averlant, Essang-Matou). Le pari est clair : que l’expérience tienne la baraque et que la jeunesse apporte l’étincelle.

Mais en laissant de côté des profils comme Meyo et Mbina, le sélectionneur réduit son éventail de solutions offensives “surprise”. S’il faut renverser un match contre le Cameroun ou la Côte d’Ivoire à la 70e minute, on saura vite si le retour d’Evouna était une intuition de génie… ou un coup de nostalgie mal payé.

Analyse de AFC Sports

Une liste cohérente… mais risquée. Finalement, la liste de Mouyouma n’est pas illogique. Elle est simplement risquée :

Risque de manquer de fraîcheur en attaque si les cadres (Auba, Bouanga) ont un trou d’air.

Risque de regretter l’absence de profils dynamiques comme Meyo ou Mbina.

Risque, aussi, d’exposer une défense soit trop vieillissante ou trop rajeunie face à deux mastodontes du continent.

La CAN au Maroc dira si le sélectionneur a vu juste. En attendant, une chose est sûre : les Panthères arrivent dans un groupe de la mort avec une liste qui n’a laissé personne indifférent. Et pour une équipe souvent accusée de sombrer dans la routine, c’est déjà un premier changement. Reste à savoir si ce sera pour rugir… ou pour grincer des dents.

Par @YannickManfoumbi

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