Il devait regarder l’entrée en lice depuis le bord. Il pourrait finalement l’écrire. Pierre-Emerick Aubameyang, annoncé forfait il y a une semaine pour le premier match du Gabon à la CAN 2025 face au Cameroun, a semé un doute… très sérieux, à quelques heures d’un rendez-vous déjà brûlant. Car depuis son arrivée à Agadir, ce lundi, les signaux se multiplient : le capitaine des Panthères veut jouer, se sent mieux, et pourrait bien déjouer les pronostics.
Le meilleur buteur de l’histoire de la sélection gabonaise (39 buts) a atterri à Agadir à bord d’un jet privé affrété par l’Olympique de Marseille, accompagné de Youssef Rahou, kinésithérapeute de l’OM. Un détail qui n’en est pas un : l’OM a choisi de suivre Aubameyang au plus près et de sécuriser sa prise en charge jusqu’au bout. Sur place, le rôle du kinésithérapeute est annoncé comme déterminant dans l’évaluation quotidienne, la gestion de la charge, et la décision finale sur une éventuelle participation.
Séance individuelle et bonnes sensations
Quelques heures seulement après avoir rejoint la tanière, Aubameyang a enchaîné avec un premier entraînement individuel lundi après-midi, encadré par son kiné et le staff des Panthères. Selon des sources présentes à Agadir, l’attaquant a affiché de bonnes sensations, un discours rassurant, et surtout un état d’esprit très clair : il ne veut pas venir “pour accompagner”, mais pour jouer.

À 36 ans, PEA connaît ce genre de compte à rebours. Et il sait ce que représente cette CAN, peut-être l’une de ses dernières grandes scènes avec le Gabon. Surtout, il nourrit une motivation particulière : celle d’une revanche intime. Lors de la dernière CAN au Cameroun, il avait été privé de compétition à cause du Covid-19, renvoyé en club en même temps que Mario Lemina, laissant sa sélection sans son leader au pire moment. Cette fois, il ne veut pas revivre l’histoire. Il veut la corriger.
Un retour précipité… ou un coup de boost collectif ?
Le Gabon joue gros contre le Cameroun, le 24 décembre à 21h à Agadir. Sportivement, l’équation est simple : bien entrer dans le tournoi, ne pas se retrouver à courir après les points, et s’offrir le droit de respirer avant la suite. Et dans ce contexte, la présence d’Aubameyang changerait immédiatement le décor.
Même à 70 %, Aubameyang, c’est : un point de fixation qui occupe une défense ; une menace dans la profondeur qui oblige le Cameroun à reculer ; un leader émotionnel qui donne une autre densité au groupe ; et un repère tactique autour duquel le plan de jeu se stabilise.
Pour Thierry Mouyouma, la tentation est réelle : si PEA peut tenir quelques minutes, il offre une option précieuse, un scénario alternatif, une arme psychologique. Mais le staff marche aussi sur une ligne fine : précipiter un retour, c’est prendre le risque d’une rechute et de perdre Aubameyang pour le reste du tournoi. Le Gabon n’a pas besoin d’un symbole ; il a besoin d’un Aubameyang disponible.

L’analyse de AFC Sports
Tic-tac… et décision attendue. La suite se jouera dans les prochaines heures : charge de travail, réponses physiques, imagerie si nécessaire, et surtout la capacité d’Aubameyang à répéter les efforts à haute intensité. Ce qui semblait acquis — un forfait au moins pour le premier match, peut-être même le deuxième — est désormais moins certain.
À Agadir, le compte à rebours est lancé. Et le Gabon se surprend à rêver d’un scénario inattendu : Aubameyang sur la pelouse contre le Cameroun. Un retour qui, s’il se confirme, aurait déjà un premier effet : rappeler à tout le monde qu’à la CAN, les pronostics ne tiennent parfois qu’à une cuisse… et à la volonté d’un capitaine.
Par @ViannayGlennEbah-Minko
