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Football – CAN 2025 – Aubameyang à la CAN : le sacrifice et l’amour du Gabon défient le protocole de l’OM

La redaction
7 Minutes de lecture

Il y a des entrées en jeu qui racontent un match. Et d’autres qui racontent une carrière. Mercredi soir, à Agadir, dans un Cameroun–Gabon verrouillé par une ouverture du score rapide (1-0 dès la 6e), Pierre‑Emerick Aubameyang a fait irruption à la 32e minute comme on entre dans une histoire qu’on n’a pas le droit de manquer. Surprise sportive, geste symbolique, et, déjà, sujet d’inquiétude : l’attaquant du Gabon et de l’Olympique de Marseille, pourtant annoncé incertain, a joué près d’une heure. Au point de faire naître une question qui dépasse largement la défaite : Par amour pour son pays, Aubameyang n’a-t-il pas pris un risque pour son corps… et pour son avenir professionnel ?

L’OM voulait de la prudence, le match a forcé la main

Le cadre était clair. Aubameyang souffrait de la cuisse, au point d’avoir décalé son départ pour le Maroc afin de poursuivre ses soins avec le staff médical marseillais. Entre l’OM et la sélection gabonaise, un principe de précaution avait été posé : sur ce premier match de CAN, l’idée était qu’il ne joue pas, ou qu’il entre au mieux pour quelques minutes, sans exposition prolongée aux courses à haute intensité.

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Sauf qu’à la CAN, les plans initiaux se froissent vite. Mené rapidement, le Gabon se cherchait une mèche, une menace, une raison d’y croire. Alors le staff a tranché : Aubameyang et Mario Lemina entrent tôt, très tôt. Une décision sportive… mais aux conséquences médicales potentiellement lourdes. À Marseille, on redoute déjà le risque de rechute, car selon le club, il manquait encore à l’attaquant un travail de réathlétisation : cette phase invisible où l’on n’est pas seulement “apte”, mais prêt.

Une entrée qui répare l’image, mais questionne la méthode

Sur le terrain, l’effet a été immédiat, pas forcément dans les statistiques, mais dans la physionomie. Aubameyang n’a pas multiplié les touches, il n’a pas empilé les occasions. Pourtant, sa seule présence a changé l’air du match : le Cameroun a reculé par séquences, le Gabon a retrouvé un semblant d’équilibre, et l’équipe a paru, enfin, avoir un point d’appui. Avec Lemina, l’entrée du duo a offert aux Panthères un autre visage : plus de maîtrise émotionnelle, plus d’intentions, un peu plus de crédibilité.

Mais ce correctif, aussi utile soit-il, renforce l’ambiguïté : si Aubameyang n’était pas censé jouer autant, pourquoi le faire entrer si tôt ? Et si le match impose ce pari, n’est-ce pas la preuve que la composition de départ était un problème ? Sur la forme, l’entrée du capitaine a “réparé” une partie du récit. Sur le fond, elle a nourri l’idée d’un Gabon contraint à l’improvisation.

Le paradoxe Aubameyang : accusé d’oublier la sélection… et soudain prêt à tout pour elle

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Depuis des années, Aubameyang traîne aussi un débat d’image : celui d’un joueur parfois soupçonné de ne pas toujours privilégier la sélection, de faire passer ses clubs avant le Gabon, de choisir ses combats. Mercredi soir, c’est tout l’inverse qui s’est mis en scène, presque brutalement : un joueur annoncé forfait, ménagé par un protocole, qui finit par se jeter dans le match avant la mi-temps.

Ce geste dit quelque chose. À 36 ans, une CAN n’est pas un rendez-vous parmi d’autres. C’est une compétition qui peut ressembler à une dernière grande fenêtre, une dernière chance d’inscrire un chapitre fort avec son pays. Et Aubameyang, marqué par la CAN précédente qu’il n’avait pas disputée (Covid, circonstances restées discutées), avait peut-être besoin de ça : jouer, se montrer, porter le drapeau, ne plus regarder depuis l’extérieur.

La question n’est donc pas seulement : “a-t-il joué ?” Mais : savait-il ce qu’il risquait ? Et si oui, l’a-t-il accepté volontairement, par amour du Gabon, malgré les réserves médicales du club ?

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Marseille regarde, compte, et retient son souffle

À l’OM, l’inquiétude est double. D’abord sportive : un Aubameyang fragilisé, c’est un joueur moins disponible, moins explosif, potentiellement en gestion, au moment où la saison entre souvent dans sa phase la plus dense. Ensuite contractuelle et patrimoniale : dans un club, le corps d’un joueur est une ressource, et la répétition des alertes musculaires change tout — la confiance, la planification, parfois même l’avenir.

Marseille savait que cette CAN était un objectif majeur pour son attaquant, et le club a suivi de près l’état de sa cuisse. Mais un retour précipité, surtout sur une heure de jeu, peut coûter plus qu’il ne rapporte. D’où cette ligne de fracture classique entre club et sélection : l’un pense calendrier et prévention, l’autre pense urgence et drapeau.

L’Analyse de AFC Sports

Le sacrifice comme symbole… ou comme faute ? Il reste, au bout, une image : Aubameyang, annoncé incertain, qui entre à la 32e minute pour tenter de renverser le cours d’un match et, peut-être, celui d’une CAN. Sportivement, le Gabon n’a pas renversé le Cameroun. Symboliquement, son capitaine a envoyé un message : “je suis là”.

Reste à savoir si ce message ne cachait pas une addition différée. Parce qu’à la CAN, on peut gagner une séquence d’orgueil… et perdre un mois de saison. Et la vraie question, pour le Gabon comme pour Marseille, est désormais la même : ce sacrifice était-il un acte de grandeur, ou un risque inutile ?

Par @AnthonyOkins

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