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Football – Panthères : Oligui Nguema passe du « coup de gueule » aux carton rouge

La redaction
4 Minutes de lecture

Il y a quelques jours, le Palais de Présidence tapait du poing sur la table. Cette nuit, après une énième défaite (3-2 face à la Côte-d’Ivoire) il a renversé la table. Après la sortie sèche de la présidence en Conseil des ministres — où le Chef de l’État avait dénoncé « l’absence de méthode », la « dispersion des ressources » et l’« érosion de la fibre patriotique » — le gouvernement gabonais a officialisé, ce 1er janvier, une salve de mesures qui ressemble à un couperet : dissolution du staff technique, suspension de l’équipe nationale jusqu’à nouvel ordre et mise à l’écart de Bruno Ecuele Manga et Pierre‑Emerick Aubameyang. Le communiqué, lu en direct à Gabon Télévision par le ministre des Sports par intérim, Dr Simplice Désiré Mamboula, qualifie la prestation des Panthères à la CAN 2025 au Maroc de « déshonorante » et la juge « aux antipodes des valeurs d’éthique et d’exemplarité prônées » par la Ve République.

Ce n’est pas une simple réaction à chaud : c’est une exécution politique d’une promesse. En 48 heures, le discours s’est transformé en acte. Oligui Nguema avait promis des « décisions fortes et structurantes » ; le gouvernement vient d’en fournir la première traduction, brutale, spectaculaire, assumée. Le message adressé à la fédération, lui, est à peine déguisé : « prenez toutes vos responsabilités ». Comprendre : soit le système se réforme, soit il sera réformé pour lui.

Une sanction, un symbole, un avertissement

Le choix de suspendre la sélection dépasse l’échec sportif. Suspendre, c’est dire : on arrête la routine. On coupe le robinet d’une machine qui tourne à vide, on met la vitrine au noir, le temps d’exiger des comptes. Dissoudre le staff technique, c’est le geste classique après une CAN ratée. Mais mettre à l’écart Aubameyang et Ecuele Manga, c’est autre chose : on touche aux figures, aux repères, à ce qui faisait encore tenir l’affiche. Qu’on le veuille ou non, c’est aussi une manière de signifier que, dans ce naufrage, les statuts ne protègent plus.

Le gouvernement assume donc une lecture morale et politique du fiasco : pas seulement “on a perdu”, mais “on s’est perdu”. D’où les mots lourds : « déshonorante », « éthique », « exemplarité ».

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Le risque du grand nettoyage : punir n’est pas reconstruire

Reste une question qui grince, comme une semelle sur le carrelage : après le choc, qu’est-ce qu’on construit ? Parce que sanctionner, c’est facile. Structurer, c’est le vrai match. La suspension “jusqu’à nouvel ordre” ne peut pas être une phrase de communiqué : elle doit devenir une feuille de route. Sinon, le pays ne fera qu’échanger un désordre contre un autre.

L’Analyse de AFC Sports

Le Gabon est donc à un carrefour : soit ces décisions inaugurent une refondation sérieuse — gouvernance, argent, formation, méthode — soit elles resteront un épisode de plus dans la grande série des “coups de pression” sans lendemain. Le football gabonais a besoin de compétence, de continuité, et de règles. Pas seulement de coupables.

Oligui Nguema a voulu montrer qu’il pouvait frapper vite et fort. Très bien. Maintenant, il lui reste le plus dur : faire en sorte que le sport gabonais ne soit plus un sujet de colère nationale tous les deux ans, mais un projet de nation tous les jours.

Par @YannickManfoumbi

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