À Kigali, le décor est déjà planté. Le Rwanda, pays hôte, répète sa fête. Le Gabon, lui, répète ses automatismes… ou tente de les trouver. En match test disputé face aux Rwandais, les Panthères handball se sont imposées 31-29. Une victoire, oui. Un signal rassurant, pas tout à fait. Car ce succès court, obtenu contre un adversaire considéré comme abordable, dit aussi une chose : le Gabon est encore en rodage, loin de son niveau attendu à quelques jours de la CAN 2026.
Sur le papier, l’écart devait être plus net. Dans le jeu, il ne l’a pas été. Le Gabon a souvent alterné le bon et le brouillon : séquences intéressantes, puis pertes de repères, placements hésitants, liaisons imprécises. Bref, un match qui ressemble à une équipe jeune, encore en construction, et pas toujours habituée à ce niveau d’exigence. Le meilleur indicateur vient du score lui-même : quand on doit lutter jusqu’au bout pour tenir deux buts d’avance, c’est que la cohésion n’est pas encore au rendez-vous.
Mboutsou, première lumière
Dans ce contexte, une performance a permis de mettre un peu d’ordre dans la soirée : celle de Darnel Mboutsou, ailier droit (BMC, Congo), meilleur marqueur gabonais avec 6 buts. Un volume intéressant, des courses tranchantes, et cette capacité à convertir quand le collectif ne déroule pas encore. Une bonne nouvelle dans une équipe qui cherche ses certitudes et ses leaders techniques.
Peu de temps, et bientôt l’Everest
Le nouveau sélectionneur (arrivé tardivement) n’a pas le luxe du long terme : il doit régler vite, et juste. Car la poule qui attend le Gabon n’a rien d’un laboratoire. Face à des nations comme l’Égypte ou l’Angola, la moindre hésitation se paye comptant. Lors de la dernière édition, Égypte 2024, le Gabon avait terminé 11e sur 16. L’objectif est clairement de faire mieux. La question, désormais, est simple : les conditions sont-elles réellement réunies pour progresser rapidement ?
Pangou savoure… et appelle à grandir
Cette victoire fera au moins plaisir à un homme : le président de la Fédération, le Général Sylvain Florient Pangou, qui y voit un point d’appui. « Gagner à Kigali, chez le pays organisateur, c’est un signe encourageant. On construit, on apprend, et l’équipe monte en puissance. L’essentiel est d’arriver prêts au bon moment », a-t-il glissé, optimiste, dans l’entourage de la délégation. Un discours de mobilisation, utile dans un sport qui avance ces dernières années au Gabon sans lumière.
Une équipe en quête de considération… et de visibilité
Car au-delà du terrain, les Panthères handball jouent aussi un autre match : celui de l’attention. L’équipe attend un regard plus appuyé du public et des décideurs, dans un pays où les Panthères du football ont bénéficié d’un traitement spécial et de moyens autrement plus conséquents. La comparaison n’est pas une plainte : c’est un constat. Et une CAN, qu’on la prépare avec faste ou avec système D, reste un rendez-vous qui engage la fierté nationale.
Un paradoxe dans la délégation… et un silence qui interroge
Autre fait marquant : la délégation présente à Kigali apparaît étoffée en dirigeants, mais, contre toute attente, le seul coach des gardiens qualifié ne fait pas partie du voyage — une absence vécue comme une injustice par plusieurs observateurs, sans explication officielle claire à ce stade.
Enfin, l’équipe demeure peu visible : même les blogs spécialisés peinent à être alimentés. Une mesure interne aurait été prise pour interdire aux athlètes de partager leurs images, contribuant à un paradoxe frustrant : une sélection qui cherche du soutien… tout en restant difficile à suivre.
L’Analyse de AFC Sports
Le Gabon a donc gagné. Mais à Kigali, ce 31-29 ressemble moins à une confirmation qu’à un avertissement doux : la CAN arrive vite, et il faudra plus qu’une victoire serrée en amical pour exister face aux géants. Le temps presse. Les Panthères, elles, avancent — encore à tâtons — mais avancent quand même.
Par @StaelMavioga
