Un jour après l’entrée en matière face à l’Égypte, le Gabon a répondu de la meilleure des manières à Kigali. Les Panthères ont surclassé l’Ouganda (33-16) avec une première période étouffante (17-6) et une maîtrise collective qui remet la sélection sur les rails. Ce samedi, place au match qui compte double : l’Angola, pour viser le tour principal.
À Kigali, le Gabon n’a pas simplement gagné. Il a rassuré, imposé un rythme, et rappelé qu’une équipe peut se construire par la défense avant de briller en attaque. Face à l’Ouganda, les Panthères ont livré une prestation pleine : sérieuse, disciplinée, et terriblement efficace, avec cette impression rare d’un match “tenu” du premier au dernier ballon.
Une première mi-temps en mode verrou
Dès l’entame, le plan du coach Michael Taagahar est clair : fermer la boutique. Défensivement, le Gabon a fait preuve d’une densité remarquable, avec des prises de responsabilités, des aides rapides et une agressivité contrôlée. Résultat : l’Ouganda a été asphyxié, privé de solutions propres, et souvent contraint à des tirs forcés.
Dans les cages, Charles Ango Nang a été impérial, multipliant les parades et lançant son équipe dans des séquences positives. À la pause, le score est déjà sans appel : 17-6.

En attaque, l’essentiel… malgré un marquage strict
Offensivement, le Gabon a assuré l’essentiel, même si l’écart aurait pu être plus lourd. Les Ougandais, visiblement bien renseignés après le premier match contre l’Égypte, ont opté pour une défense très haute, presque individuelle, notamment sur le meneur gabonais. Un choix tactique qui a parfois empêché les Panthères de dérouler leur projet de jeu avec la fluidité habituelle.
Qu’importe : le Gabon a su trouver des solutions autrement, en jouant plus simple, en attaquant les espaces, et en capitalisant sur ses temps forts sans se précipiter.
Frayeur au retour, puis reprise en main
Au retour des vestiaires, le Gabon s’est offert un petit moment de tension. Les exclusions de Wora Dia et Darnel Mboutsou (2 minutes chacun) ont permis à l’Ouganda de réduire l’écart et de retrouver un peu d’oxygène. Mais la réaction gabonaise a été immédiate : remise en place, intensité retrouvée et… gardien encore décisif.
Mention spéciale à Charles Ango Nang, auteur de 16 arrêts, qui a maintenu une pression constante sur l’attaque adverse. Devant, Yannick Aubyang (7 buts), Chérubin Tabanguet et Darnel Mboutsou (5 buts) ont continué à faire respecter la hiérarchie, pendant que le staff profitait des 15 dernières minutes pour faire tourner un effectif déjà tourné vers le rendez-vous capital à venir.
Le verdict est net : 33-16, une victoire aussi large que méritée.

Wora Mamadou Dia, capitaine exemplaire et homme du match
Le symbole de cette prestation porte un brassard. Wora Mamadou Dia, meilleur marqueur (8 buts), arrière droit et capitaine, a été élu meilleur joueur du match. Impact, leadership, intensité : un match d’autorité, dans le ton d’une équipe qui savait exactement ce qu’elle venait chercher à Kigali.
Samedi : Angola, une qualification au bout des doigts
Cette victoire ne vaut pas seulement deux points : elle offre un vrai levier stratégique. Ce samedi, le Gabon jouera une “finale” de groupe contre l’Angola. Une victoire ou même un nul enverrait les Panthères au tour principal, étape décisive qui ouvre la porte des matches à élimination directe.
En revanche, une défaite condamnerait le Gabon à la Coupe du Président, réservée aux équipes non qualifiées pour le tour principal. Autrement dit : tout se joue maintenant.
Et dans ce duel annoncé serré, le Gabon a déjà un atout : le goal-average. L’Angola a battu l’Ouganda de +16, le Gabon vient de faire +17. Un petit avantage, précieux dans une poule où le moindre détail peut compter.
Une victoire sportive, une équation logistique toujours ouverte
Dans l’euphorie du succès, une réalité demeure : la délégation gabonaise et la fédération, présentes à Kigali depuis plus de deux semaines, attendent toujours un accompagnement effectif de l’État pour faire face à l’ensemble des charges liées à cette CAN. Selon l’entourage de la délégation, il s’agit notamment de s’acquitter des frais de participation auprès de la CAHB, del’assurance, mais aussi de couvrir les dépenses opérationnelles (logistique, séjour) et les primes ainsi que les autres éléments financiers associés à la présence du Gabon dans la compétition.
L’Analyse de AFC Sports
Sur le terrain, les Panthères ont répondu avec caractère et autorité. Reste désormais à transformer l’élan vendredi contre l’Angola, et à sécuriser l’accompagnement indispensable pour que la performance sportive ne soit pas fragilisée par les contraintes financières hors du parquet.
Par @StaelMavioga
