À Kigali, les Panthères du Gabon viennent de gratter un nouveau morceau de miracle : menées à la pause par le Rwanda et son volcan de supporters, elles ont renversé le match au retour des vestiaires pour signer une troisième victoire de rang et filer en finale de la Coupe du Président. Un run plein de caractère, porté par un Chérubin Tabanguet incandescent et des arrêts XXL dans les cages… pendant qu’en coulisses, l’équipe attend toujours un signe de l’État pour les primes et que la Fédération tente de solder ses comptes avec la CAHB.
Il y a des matchs où tu te dis que tout est écrit d’avance. Et puis il y a le handball gabonais à Kigali, qui préfère manifestement les scénarios tordus, ceux où tu manges ton ongle à la mi-temps et où tu finis debout dans le salon à la 60e. Face au Rwanda, pays hôte chauffé à blanc, les Panthères ont d’abord joué avec le feu… avant de le retourner contre tout un public. Menés 18-14 à la pause, entre pertes de balle et manque de lucidité devant le gardien, les Gabonais ont laissé le match leur glisser des mains. Kigali rêvait déjà d’un coup de plus.
Sauf qu’au retour des vestiaires, le Gabon a ressorti ce truc rare qu’on n’enseigne pas : la fierté. Et au milieu de la tempête, un homme a pris la scène comme s’il avait réservé la lumière : Chérubin Tabanguet, 10 buts, encore homme du match (deuxième fois, oui). Le Gabon recolle, puis passe devant, avec une défense qui se durcit et un gardien qui ferme boutique : Charles Ango, impérial, au point d’être classé parmi les meilleurs portiers de la compétition par la commission technique de la CAHB.

Résultat : victoire gabonaise, troisième de suite, et qualification en finale de la Coupe du Président.
Vendredi 30 janvier, les Panthères joueront le Cameroun (14h00 à Kigali, 13h00 au Gabon) pour aller chercher ce trophée parallèle à la CAN – et, surtout, une fin de tournoi qui ressemble enfin à ce que cette équipe mérite.
Parce que oui, elles enchaînent les exploits… mais elles attendent aussi un signe. Un signe de l’État, sur les primes et l’accompagnement : difficile de faire des miracles en permanence quand la logistique et le quotidien rappellent que le handball, chez nous, vit souvent à crédit.

Du côté de la Fédération, l’ambiance est moins “highlights” : on est un peu dépité, et on veut surtout régler les frais vis-à-vis de la Confédération africaine de handball. Traduction : pendant que les joueurs gagnent des matchs, d’autres comptent les factures. Deux réalités, un même sport.
L’Analyse de AFC Sports
Mais la vérité, c’est que ce que fait le Gabon au Rwanda, ce sont des petits miracles. Et les miracles, ça ne tombe pas du ciel : ça révèle un potentiel. Il est temps que le handball reprenne sa place au pays. Parce que Kigali est peut-être loin, mais ce que montrent ces Panthères est limpide : le Gabon est une terre de hand.
Par @StaelMavioga et @AnthonyOkins
