Le Gabon connaît ses adversaires pour la phase finale du tournoi UNIFFAC U17, qualificatif pour la CAN U17. Le tirage au sort effectué le mercredi 4 février a placé les jeunes Panthères dans le groupe B avec le Cameroun et la Guinée équatoriale. Une poule courte, dense, et déjà un match qui pèse : l’ouverture du groupe opposera le Cameroun au Gabon, un duel toujours particulier face à l’une des références de la sous-région.
Dans l’autre groupe (A), la RDC, le Congo et la RCA se disputeront les places. Autrement dit : peu de marge, peu de matchs, beaucoup d’urgence. Dans ces tournois resserrés, la première rencontre n’est pas un échauffement, c’est souvent un verdict.
Le tournoi UNIFFAC n’est pas qu’un rendez-vous régional : c’est une porte d’entrée vers la CAN U17, et donc vers une vitrine continentale essentielle pour la progression des joueurs. Or, le constat est brutal : depuis 2014, le parcours U17 du Gabon ressemble à une succession de rendez-vous manqués.
CAN 2015 : non qualifié
CAN 2017 : pays hôte, éliminé au 1er tour
CAN 2019 : non qualifié
CAN 2023 : non qualifié
CAN 2025 : non qualifié
CAN 2026 : en attente, donc… sous pression
L’UNIFFAC apparaît ainsi comme une obligation de résultat, mais aussi comme un révélateur : où en est réellement la formation gabonaise ?

La question qui dérange : comment bâtir une sélection U17 sans véritable championnat U17 ?
C’est le point central, et il dépasse le simple tirage au sort. Comment une sélection U17 peut-elle rivaliser durablement quand le pays ne dispose pas d’un championnat national structuré qui intègre l’ensemble des clubs et des provinces, et quand plusieurs ligues provinciales n’organisent pas, ou pas régulièrement, des compétitions U17 ?
Selon les informations disponibles, la sélection a été constituée à travers une détection province par province, puis un regroupement à Libreville, avec des ajouts observés à Lambaréné, et une consolidation au fil de matches amicaux. Un dispositif de rattrapage, utile, mais tardif. Car à quelques jours d’une compétition majeure, la construction “en catimini” ne remplace pas un système : elle le compense, parfois mal, souvent trop tard.
Alors, quelles chances pour le Gabon ?
Sportivement, tout reste possible : un tournoi UNIFFAC peut se jouer sur un détail, une génération, une dynamique de vestiaire. Mais structurellement, le Gabon part avec un handicap : l’absence d’un circuit régulier de compétition U17, indispensable pour préparer des joueurs à l’exigence tactique, athlétique et mentale du haut niveau.
La DTN, dit-on, “travaille d’arrache-pied”. Très bien. Mais une sélection nationale n’est pas un sprint administratif de dernière minute : c’est l’aboutissement d’un calendrier, d’une méthode, d’une chaîne de formation.
L’Analyse AFC Sports
Le 17 février prochain, à l’heure d’entrer dans le tournoi, la question ne sera pas seulement “qui est dans la liste ?” mais plutôt : le Gabon peut-il gagner un tournoi de jeunes sans avoir, chez lui, un football de jeunes qui tourne vraiment ? Et si, malgré tout, les Panthères U17 créent la surprise comme les U20 il y a 3 ans, il faudra en tirer une conclusion immédiate : transformer l’exploit en système, pour que l’exception devienne enfin une habitude.
Par @YannickManfoumbi
