À Kinshasa, au stade Tata Raphaël, les U17 du Gabon ont offert une entrée en matière digne d’une belle histoire. Et puis, le Cameroun a débarqué avec la fin du film. Reporté de mardi à ce mercredi 18 février 2026, le match d’ouverture du tournoi UNIFFAC (qualificatif pour la CAN U17) a tourné à la démonstration : 5-1 pour les Lionceaux. Un score lourd, presque humiliant, mais qui raconte surtout un classique du football africain des jeunes : tu peux jouer juste, tu peux jouer brave… mais si tu donnes deux cadeaux et que tu rates tes occasions, tu repars avec une valise.
Le film du match
Le Gabon, pourtant, avait commencé comme une équipe qui n’est pas venue faire du tourisme à “Kin”. Un but camerounais refusé à la 3e minute, un petit frisson, puis un vrai coup de théâtre : à la 10e, Élysée Peindi envoie une frappe du gauche délicieuse, propre, insolente. 1-0. Et pendant quelques minutes, les Panthères jouent sans complexe, avec des jambes légères et des idées. Entre la 17e et la 19e, elles ont même deux occasions de faire le break. Elles ne le font pas. Dans ce genre de tournoi, c’est rarement “dommage”. C’est souvent “fatal”.
Le Cameroun, lui, a simplement fait du Cameroun : monter en puissance, durcir les duels, accélérer sur les côtés, transformer la moindre hésitation en punition. À la 21e, Omar égalise d’un plat du pied enroulé après une infiltration côté droit. Puis vient le tournant qui fait mal : à la 30e, une sortie de gardien mal maîtrisée, Arnold Massekon surgit, et le Gabon passe en neuf minutes d’une soirée parfaite à une soirée de résistance. À la pause, un arrêt de Levy Noah Mengome du promu (National Foot 2) Littoral FC entretient un espoir fragile, mais le doute s’est installé, et le Cameroun sait très bien ce qu’il fait quand il sent l’odeur du doute : il appuie.

En seconde période, ce n’est plus un match, c’est une montée en régime
À la 53e, Stanley ajoute le troisième après un débordement de Roni Baliag Nougi. À la 64e, Baliag Nougi marque à son tour. À la 75e, Moussa Chefrif Abas termine le travail : 5-1. Une gifle, oui, mais surtout une leçon : à ce niveau, l’erreur n’est pas un incident, c’est une statistique qui finit au fond.
Le plus inquiétant n’est pas d’avoir perdu contre le Cameroun, nation structurée et habituée à ces rendez-vous. Le plus inquiétant, c’est la manière dont le Gabon a basculé : une entame brillante, puis une gestion fragile des temps faibles, et une défense qui craque dès que l’adversaire met de la vitesse et de la précision. C’est là que revient la question qu’on pose depuis des mois : comment construire une sélection U17 compétitive sans un vrai championnat U17 régulier, sans une détection large et stable, sans matches de référence pour ces jeunes ?
L’Analyse de AFC Sports
On peut bricoler une équipe, même talentueuse. Mais contre des pays qui ont du rythme, des automatismes et une culture de compétition, le bricolage finit toujours par se voir.
Pas le temps de s’apitoyer : dans un tournoi aussi court, chaque match est une finale. Prochaine marche : la RDC, pays hôte. Pour rester en vie, les Panthères devront vite retrouver ce qu’elles ont montré au début : du culot, de la personnalité… et surtout ajouter ce qui a manqué ensuite : rigueur, maîtrise, et une capacité à ne pas se dissoudre quand le match se complique. Sinon, Kinshasa ne sera pas une étape. Ce sera un rappel à l’ordre.
Par @AlvinObiang
