Trois mois avant d’envoyer une praline en Coupe de la CAF au stade de Franceville, Luc Martial Essono MBA jouait encore en D2 comme on joue les dimanches : pour le plaisir, pour le ballon, pour l’espoir. Septembre 2025, il a débarqué dans le grand bain avec le FC 105, et il n’a pas demandé la permission. Dans la double confrontation face au ZESCO United (Zambie), il a posé un truc rare au Gabon : un milieu jeune qui pense vite, joue simple quand il faut, et sait aussi frapper fort quand le match l’exige. Un profil “à la Frenkie de Jong” dont il porte le “surnom”, façon local : milieu liant, capable de sortir proprement les ballons, de casser des lignes par la passe, d’avaler des mètres en box-to-box… et de finir l’action. Oui, un milieu qui marque. Ça devient presque exotique. Portrait.
On l’appelle “De Jong” parce qu’il a ce côté GPS intégré : toujours bien placé, toujours disponible, toujours prêt à mettre un coéquipier dans le bon tempo. Sa qualité première, c’est cette intelligence de jeu qui donne l’impression qu’il a une seconde d’avance sur tout le monde. Et puis il y a la patte : passe propre, première touche qui sécurise, relance qui respire. Ajoutez une frappe exceptionnelle, ce but du pied droit, hors de la surface, contre ZESCO, puissant, net, sans trembler, pour sa première vraie “soirée” africaine, et vous obtenez un joueur qui ne ressemble pas à un “projet”. Il ressemble déjà à un problème pour les adversaires.

Luc Martial Essono MBA, formé à Oyem (Académie du Nord), a construit sa progression par étapes : d’abord à Family FC de libreville (D3 – Estuaire), puis un passage en National Foot 2 où il dispute la première partie de saison 2024-2025 avec Mouilili FC, avant de rejoindre au mercato l’Union Sportive d’Akanda (USA). C’est ensuite que vient le saut de visibilité après l’été dernier: son arrivée au FC 105, avec à la clé ses premières minutes en Coupe de la CAF.
Et pour la saison en cours, nouvelle page et nouveau défi : Stade Mandji !
Aujourd’hui, le voilà à Port-Gentil, au Stade Mandji, à 19 ans, dans un club, entraîné par l’ancien international Alain Djessikadié, qui connaît la pression des premières places et les saisons qui se jouent sur la régularité, pas sur les éclats. Et c’est exactement ce qu’il lui faut : du rythme, des matchs, des responsabilités, des adultes en face. Comme son nouveau coéquipier Josias Mengome, Essono MBA arrive dans un environnement où on ne te félicite pas pour ton potentiel : on te juge sur ce que tu répètes chaque week-end.
S’il enchaîne, s’il confirme, s’il garde cette discipline dans le jeu long comme dans le duel court, il n’y a rien d’illogique à le voir grimper : d’abord comme un patron de milieu en National Foot, puis comme une option naturelle pour les sélections jeunes, U20, U23, si le calendrier international gabonais se remet à respirer.

L’Analyse de AFC Sports
La vraie question n’est pas “est-ce petit a du talent ?”, il en a. La vraie question, c’est : est-ce que Essono MBA va continuer à faire comme “le vrai” De Jong… c’est-à-dire rendre tout ça simple, semaine après semaine, jusqu’à ce que la D1 gabonaise devienne trop petite pour lui, et que l’équipe nationale A lui dise “bienvenue”.
Par @AnthonyOkins avec la participation de @ShizzoTsamba
