À Lambaréné, le week-end dernier, il n’a pas seulement “gagné”. Il a mis tout le monde d’accord. Sur le 10 km Élite du Cross sous l’Équateur, Djessy Mouele Kodo a fait ce qu’il fait souvent au Gabon : partir, respirer, accélérer… et laisser la ville derrière lui. Un chrono, une victoire, et cette sensation qui traîne sur les trottoirs après son passage : sa place n’est plus seulement ici. Parce que quand un coureur gagne partout chez lui, à force, ce n’est plus un palmarès : c’est un appel.
On pourrait raconter Djessy comme une machine à podiums. Ce ne serait pas faux. Depuis des années, il empile les performances et les titres sur les routes gabonaises, au point de devenir un repère : quand il est sur une ligne de départ, la course change de ton. Les autres se battent pour exister, lui se bat pour l’écart. Le détail qui tue, c’est que ce succès à Lambaréné n’est pas un “coup”. C’est une habitude. Une régularité de métronome, un coureur qui s’est construit dans la répétition et la discipline, jusqu’à faire de la victoire un geste presque banal. Portrait AFC Sports.
Djessy n’est pas seulement un dossard et une foulée. C’est aussi un homme qui vit avec des horaires, une vie cadrée, et désormais un uniforme : il est agent de police depuis quelques années. Dans un pays où beaucoup de carrières sportives se perdent faute d’accompagnement, réussir à mener une vie professionnelle tout en restant au sommet de l’athlétisme local relève déjà de la performance. Le talent, chez lui, ne s’excuse pas. Il s’organise. On retrouve d’ailleurs dans son parcours une obsession rare : se construire. Diplômes, formations, progression, objectifs. Djessy n’a pas seulement couru : il a préparé l’après. Et c’est précisément ce profil, sérieux, stable, ambitieux, qui mérite qu’on investisse.
Le problème, aujourd’hui, n’est pas Djessy, mais l’Athlétisme gabonais
Le problème, c’est le plafond. À force de gagner au Gabon, il se retrouve dans une situation absurde : trop fort pour se contenter du circuit local, pas assez exposé pour basculer naturellement sur la scène internationale. Or, le 10 km, ce n’est pas qu’une question de jambes : c’est une question d’opportunités. Stages, compétitions, densité de niveau, déplacements, encadrement, suivi médical, programmation… Tout ce qui transforme un très bon coureur national en coureur qui existe en Afrique et, pourquoi pas, en Europe. Quand Djessy parle d’objectifs comme les Jeux africains ou même les Jeux olympiques, ce n’est pas de la poésie : c’est une trajectoire qui demande un tremplin.
Et ce tremplin, il ne peut pas reposer uniquement sur sa volonté. Il faut regarder la réalité en face : si le Gabon veut que les “Cross du Gabon” ne soient pas seulement de beaux dimanches populaires, mais aussi une fabrique de champions, alors il faut un mécanisme derrière la fête.

À la Fédération, d’abord : créer un plan de performance, identifier les athlètes dominants, les sortir du confort local, les inscrire sur des courses de référence, leur donner un calendrier cohérent. À l’État et au ministère des Sports, ensuite : parce qu’un coureur comme Djessy, déjà structuré, déjà constant, déjà professionnel dans l’attitude, est un candidat naturel à une bourse de préparation, à des stages et à un accompagnement qui lui permettrait d’aller se mesurer sur les 10 km les plus prestigieux d’Afrique, et au-delà.

L’Analyse de AFC Sports
À Lambaréné, Djessy Mouele Kodo a encore fait peur à la concurrence. Mais la vraie question n’est plus de savoir s’il peut gagner ici : il l’a prouvé sur tous les 10 KM organisés dans pays ces 5 dernières et dans les Cross. La vraie question, maintenant, c’est celle que le sport gabonais doit apprendre à se poser très tôt : que fait-on de nos athlètes quand ils dépassent leur environnement ? “Djessy est prêt pour l’international” assure son coach personnel, Jerry Mikagna. Pour Anaclet Taty, président de la Fédération, “Djessy a la discipline, l’expérience, un métier, un mental de compétiteur”.

Il ne manque à Djessy que ce que le talent ne peut pas fabriquer seul : un passage. Un pont vers l’international. Et peut-être, au bout de la route, une ligne de départ olympique où le Gabon ne viendrait plus participer… mais exister.
Par @AnthonyOkins

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Le pays à besoin d’athlètes comme djessi, les autorités doivent accompagner ce talent au bénéfice de toute la nation gabonaise.
vous avez ecrit tellement de paragraphe sans jamais donner le temps de la course … que du bavardage .