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Panthères – Sélectionneur : Après “l’erreur de casting” de la FEGAFOOT dénoncée par le public gabonais, le ministère appelé à prendre ses responsabilités

La redaction
7 Minutes de lecture

Ils avaient promis une méthode, une “commission”, une date butoir (28 février) et une short-list censée respirer le sérieux. Ils ont surtout offert au Gabon un grand numéro de prestidigitation : 605 candidatures, puis trois noms, Landry Chauvin, Antony Da Silva, Luis Boa Morte et, au moment de conclure, le silence. Comme si la fédération avait été démasquée et découvert au dernier moment que son “casting professionnel” ressemblait surtout à une erreur de casting, déjà sifflée par UN public gabonais connaisseur et très exigeant. AFC Sports décrypte.

Le 28 février : la date butoir… devenue date fantôme

Le 28 février devait être le jour où le Gabon pose enfin un nom sur le banc des Panthères. Résultat : rien. Pas d’annonce, pas de sélectionneur, pas même un “communiqué d’explication” de la FEGAFOOT qui ferait semblant de respecter les gens. Dans un pays où la short-list a déjà fuité, ce retard n’a pas l’odeur de la rigueur. Il sent plutôt le frein à main tiré en urgence, au moment où quelqu’un a compris que sortir le nom, c’était aussi assumer la tempête des fans des autorités politiques. Et sur les réseaux, la tempête a commencé à l’annonce des 3 noms.

Ministère vs FEGAFOOT : l’ordre nouveau peut-il recadrer le vieux logiciel ?

Ce dossier ne se joue plus seulement sur un banc : il se joue dans l’équilibre des pouvoirs. Parce que le sélectionneur n’est pas qu’un choix fédéral : c’est un symbole national, un budget, un engagement d’État. Et au moment où le ministère des Sports affiche une volonté de remettre de l’ordre et de casser les “petits arrangements”, la FEGAFOOT se retrouve dans la pire position possible : elle vend un “process”, et le public répond “lobbying”. Elle promet “605 CV”, et on lui demande le ticket de caisse.

Ce qui peut expliquer le silence du 28 février : si la pression populaire est montée, et si le ministère estime que ce trio ne colle pas au profil et aux objectifs, alors annoncer devient un risque. Pas sportif : politique.

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605 CV, un “grand buffet”… et un sandwich froid

La meilleure analyse du dossier vient, comme souvent, de ceux qu’on ne consulte jamais : les supporters. Les commentaires ont mis le casting en deux phrases, devenues virales parce qu’elles sonnent vrai.

Voilà le cœur du malaise : la FEGAFOOT voulait vendre un processus “propre”. Elle a surtout vendu l’impression d’un tri opaque, puis d’un choix final qui ressemble moins à une stratégie qu’à une fin de stock.

Les supporters gabonais ne demandent pas forcément un nom “bling-bling”. Ils demandent une cohérence. Et surtout une question simple : comment on passe de 605 candidatures à ces trois profils, sans expliquer la méthode ?

Le procès-verbal populaire : “enfumage”, “lobbying” et fatigue générale

Dans les réactions des gabonais, ce n’est pas juste de la mauvaise humeur : c’est un audit citoyen à ciel ouvert. On y lit la moquerie (“Carrément du solide”), la lassitude (“Tous ça pour ça !!! Pitié de nous”), la prophétie noire (“dans 6 mois on cherchera encore un nouveau coach”), et l’accusation directe : « C’est du lobbying. »

On y lit aussi une demande de transparence qui, elle, devrait faire transpirer n’importe quelle institution : « il faut qu’ils publient les noms de ces 600 ». Traduction : montrez-nous le tri, les critères, les étapes, la grille. Sans ça, la short-list n’est pas un résultat : c’est un tour de magie. Et quand le public ne comprend pas le truc, il soupçonne le trucage. D’où ce mot qui revient : “enfumage”.

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Le vrai problème : le casting sans projet, ou le projet sans moyens ?

La critique la plus dangereuse n’est pas la plus violente, c’est la plus lucide. Un commentaire pose la question qui tue : la fédération sait-elle ce qu’elle veut vraiment, et avec quels moyens ? Car au Gabon, on change souvent l’homme sans changer l’environnement : primes, logistique, calendrier, championnat, gouvernance… On demande au coach d’être le pompier d’une maison où les gens jouent avec l’essence.

C’est là que la short-list devient un miroir : elle confirme cette vieille croyance locale, “un coach venu d’ailleurs va remettre de l’ordre” , comme si l’ordre se commandait par avion. Or, même le meilleur CV ne peut pas compenser un cadre instable. Et si les trois profils paraissent “petits” aux yeux du public, c’est aussi parce que le pays sait qu’il lui faut un entraîneur capable de gagner vite dans la réalité africaine, pas un candidat “présentable” dans un communiqué.

L’Analyse de AFC Sports

La FEGAFOOT pensait choisir un sélectionneur. Elle a surtout révélé une chose : au Gabon, en 2026, on ne peut plus “nommer” dans le flou, puis demander au public d’applaudir. Avec Chauvin, Da Silva, Boa Morte, ce n’est pas seulement une short-list qui est très contestée par l’opinion : c’est la crédibilité du casting et la crédibilité du Gabon. Et si le Ministre et ancien capitaine des Panthères, Paul Kessany, veut vraiment inaugurer l’ère où l’on casse les magouilles et les arrangements, il tient peut-être son premier test grandeur nature : soit on valide le sandwich, soit on retourne en cuisine, et, cette fois, on explique la recette pour une plat de résistance de qualité dans la tanière.

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Par @YannickManfoumbi et AnthonyOkins

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