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Football – Ministère – FEGAFOOT – FIFA, grands remous : la réunion qui peut faire basculer le football gabonais

La redaction
6 Minutes de lecture

Ce vendredi 06 mars, au Palais des sports de Libreville, la FEGAFOOT fera face au ministre des Sports et à une délégation de la FIFA dans un contexte de crise ouverte. À un mois de la fin du mandat de l’actuel comité exécutif, entre irrégularités administratives, défiance populaire, action ratée sur le dossier administratif de la Fédération et flou électoral, cette réunion de travail s’annonce comme un moment charnière pour l’avenir du football gabonais.

Ce vendredi 6 mars, à partir de 9 heures, le Palais des sports de Libreville, au quartier Petit Paris, accueillera une réunion qui n’a rien d’un simple rendez-vous protocolaire. Autour du ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, sont attendus les représentants de la FEGAFOOT, accompagnés d’une délégation de la FIFA composée de Gelson Fernandes, directeur adjoint des associations membres et directeur régional, Franciny Samba, responsable du développement MA, et Salah Osman, coordinateur de projet MA Afrique. Officiellement, il s’agit d’une réunion de travail. Officieusement, c’est un moment de vérité pour un football gabonais en crise ouverte, fragilisé par des dysfonctionnements administratifs, une défiance publique grandissante et l’incertitude entourant la fin du mandat de l’actuel comité exécutif de la Fédération gabonaise de football.

Car le contexte ne laisse guère de place à la lecture diplomatique. Depuis plusieurs mois, les fédérations sportives gabonaises, dont la FEGAFOOT, sont pointées du doigt pour des irrégularités administratives récurrentes. Agréments techniques, récépissés, conformité des structures électives : tout ou presque semble aujourd’hui remis sur la table. Mais au-delà des irrégularités constatées, un autre nœud de tension alimente la crispation actuelle : l’imbroglio né de l’action engagée, et manifestement mal maîtrisée, par la FEGAFOOT face au ministère.

Ce qui devait apparaître, du point de vue fédéral, comme une démarche de clarification ou de défense de son autonomie a surtout donné l’impression d’un contretemps politique mal calibré, voire d’un acte de défiance institutionnelle intervenu au pire moment. Au lieu d’apaiser la situation, cette initiative a accentué le malaise, renforcé la confusion et nourri l’idée d’une gouvernance coupée de l’état réel du football gabonais.

Face à cela, le ministère et l’Etat gaabonais a visiblement choisi de reprendre la main. Non seulement pour restaurer une forme d’autorité administrative sur un secteur en désordre, mais aussi parce que l’indignation publique a changé la nature du dossier. La pression de l’opinion, particulièrement forte sur les réseaux sociaux, a transformé une crise de conformité en affaire de crédibilité nationale. Dès lors, le ministre Kessany ne pouvait plus se contenter d’un rôle d’observateur ou d’arbitre distant. Il lui fallait réinvestir politiquement le dossier, au risque sinon de laisser s’installer l’idée d’un État passif face à la dégradation de la gouvernance sportive. C’est là, justement, que se dessine un point de divergence majeur entre les deux parties : là où la FEGAFOOT peut être tentée de mettre en avant le principe d’autonomie fédérale et la protection de ses prérogatives, le ministère entend manifestement opposer l’impératif d’ordre public administratif, de régularité juridique et de responsabilité institutionnelle. En d’autres termes, la Fédération semble vouloir défendre son espace d’autonomie ; l’État, lui, considère que cette autonomie ne saurait prospérer dans l’irrégularité.

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À un mois seulement de l’échéance théorique du mandat de l’actuelle équipe dirigeante de la FEGAFOOT, cette séquence prend donc une portée hautement politique et institutionnelle. D’autant que le président sortant, fortement contesté dans l’opinion, apparaît plus isolé que jamais, sa popularité s’étant effondrée au fil des crises, des controverses et d’une défiance désormais visible jusque sur les réseaux sociaux, devenus le baromètre brutal d’un désamour profond entre la gouvernance fédérale et le public gabonais.

Dans ce paysage déjà tendu, l’arrivée d’émissaires de la FIFA change naturellement la nature du rendez-vous. Une telle présence ne s’apparente pas, en pareil moment, à une visite de courtoisie. Elle signale au contraire que la situation gabonaise est observée de près et que les discussions à venir toucheront au cœur du fonctionnement institutionnel du football national.

La grande question, désormais, est connue de tous : l’élection du nouveau bureau de la FEGAFOOT pourra-t-elle réellement se tenir en avril, alors même que la Fédération elle-même, comme dix-neuf autres structures, mais aussi les ligues et plusieurs clubs appelés à participer au processus électoral, se trouvent dans une situation administrative irrégulière ?

Derrière cette interrogation se joue bien plus qu’une bataille de calendrier. Il s’agit de savoir sur quelle base juridique, avec quelle légitimité et sous quelle garantie de transparence pourra s’organiser la prochaine séquence électorale.

L’Analyse de AFC Sports

La réponse ne viendra sans doute pas sous la forme d’un communiqué spectaculaire ni d’une sentence immédiate. Mais de cette réunion du vendredi peut sortir bien plus qu’un simple rappel à l’ordre : un calendrier revu, une mise sous surveillance, un recadrage institutionnel, voire le début d’une recomposition du rapport de force à la tête du football gabonais. À Petit Paris, ce vendredi, il ne sera pas seulement question de sauver les apparences. Il sera question de savoir si le football gabonais peut encore se gouverner dans l’approximation, ou si la crise actuelle l’oblige enfin à choisir entre l’autonomie invoquée et la régularité exigée.

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Par @AnthonyOkins

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