Dix mois de silence, des vestiaires qui prennent la poussière, des joueurs en chômage technique à force d’attendre le “démarrage imminent” qui ne démarrait jamais : le championnat gabonais revient (vraiment) à la vie. Cette fois, la LINAFP a mis une date sur le tableau : samedi 07 mars 2026, lancement officiel du National Foot 1. Une annonce actée lors du Conseil d’administration d’avant-saison, présidé par Brice Mbika Ndjambou, et qui sonne comme un rappel simple : le foot, ça se joue. Pas, ça se promet !
Lambaréné comme symbole : la promesse du ministre PUK prend corps
Le timing n’est pas neutre. Ce coup d’envoi, c’est aussi la matérialisation d’une promesse du nouveau ministre des Sports : remettre le championnat sur ses rails, arrêter l’éternel provisoire et redonner un calendrier aux clubs. Et quoi de mieux qu’un match inaugural à Lambaréné pour marquer le retour : le champion en titre, AS Mangasport, débarque chez le promu Stade Mogovéen, qui aura l’honneur (et la pression) d’ouvrir la saison à domicile, sur la pelouse du stade Jean Nkoumou. Le genre d’affiche parfaite : l’habitué du haut de tableau face au petit nouveau qui n’a rien à perdre, sauf peut-être sa naïveté.
90 millions par club : l’État met l’essence, aux clubs de faire rouler la voiture
La vraie nouveauté, celle qui peut transformer le “on va essayer” en “on doit y arriver”, c’est l’argent : une subvention de l’État de 90 millions FCFA par club. Une perfusion nécessaire pour relancer les machines, payer, voyager, s’entraîner, planifier. En clair : le championnat ne redémarre pas seulement avec une date, il redémarre avec une responsabilité. Parce que si, malgré 90 millions, on se retrouve encore à bricoler des reports et des forfaits, il ne restera plus beaucoup d’excuses à brandir.

Une formule adaptable… et un signal aux centres de formation
Sur le format, la LINAFP annonce un National Foot 1 à géométrie variable : 12 clubs minimum, 16 maximum. Et une D2 (National Foot 2) entre 8 et 12 clubs. L’autre décision importante, plus structurelle, c’est la place donnée aux jeunes : le nombre minimum de cadets/juniors à qualifier par club passe de 3 à 5. Une obligation qui, si elle est respectée, peut enfin forcer les clubs à regarder vers leurs propres académies au lieu d’empiler des solutions de dépannage.
Huit étrangers : ouverture… ou test de cohérence ?
Dernier point qui fera parler : chaque club pourra compter 8 joueurs étrangers, tous alignables lors d’un même match. Sur le papier, c’est un choix d’ouverture et de compétitivité. Dans la réalité gabonaise, c’est aussi un test : est-ce que cette mesure va hausser le niveau, ou masquer l’absence de formation locale ? La réponse ne sera pas dans un communiqué, mais dans la manière dont les clubs vont recruter : pour compléter intelligemment, ou pour remplacer par facilité.

L’Analyse de AFC Sports
Le 07 mars 2026, le National Foot 1 ne reprend pas seulement : il se rachète. Après dix mois d’attente, avec une subvention publique massive et des décisions qui touchent au cœur du jeu (jeunes, étrangers, format), le championnat n’a plus le droit d’être un mirage. Lambaréné lance la saison, Mangasport arrive en patron, malgré le départ de son “talisman”, Kevin Djony, entraineur vainqueur du dernier championnat, Stade Mogovéen, qui revient dans l’élite avec un centre de formation qui rayonne, ouvre sa porte : cette fois, le foot gabonais a rendez-vous avec lui-même. Et il est attendu au tournant.
Par @SabrinaQueeny
